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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 20:55
intervention au congres du MRC 2015

Chers camarades, cher Jean Luc, cher Jean Pierre, chère Marie Françoise, cher Christian, cher Claude,

Je tenais tout d’abord à remercier nos députés et tous les élus MRC pour leur travail, réalisé dans des conditions difficiles où la gauche gouvernementale est devenue antimarxiste, une gauche libérale qui fonctionne avec une droite libérale. Dans une société où l’on fait le deuil de la chose commune au profit de l’individu. Dans une Europe où on laisse faire le deuil de la nation au profit d’une communauté européenne qui détruit le divers et qui veut formater les intelligences pour mieux nous soumettre. Voilà où nous en sommes.

Chers Camarades,

Je continuerai par le constat suivant : Les processus d’automatisation vont exploser dans les années qui viennent. La conséquence a été expliquée dans la presse et cela est passé assez inaperçu et aucun homme politique n’a eu le courage de le reprendre.

  • Dans le JDD, une étude estime la progression du chômage à 3 millions de personnes en plus dans 10 ans en France.
  • L’université d’Oxford a publié une étude qui montre que 47 % des emplois disparaitront aux USA dans 10 à 20 ans.
  • Le journal le Soir a fait part d’une étude montrant que 50% des emplois sont menacés en Belgique.

Pour Bill Gates, la software substitution est en marche et plus de 700 métiers sont concernés (chauffeurs, techniciens, médecins, conseillers…. ). Vous me direz que la fabrication des robots permettra de créer des emplois. Et bien non pas à la dimension des pertes que cela va générer. Prenez l’exemple de Foxconn qui a annoncé que ses ouvriers Chinois coutaient trop cher, ils vont automatiser les lignes de production des iPhones, supprimant ainsi plus d’un million d’emplois. Le robot sera toujours moins cher que l’humain. Vous aurez beau faire une compétition salariale avec le robot, vous serez toujours perdants. Il n’y aura plus de compétition salariale entre pays à fiscalité différentes mais entre automates et humains. D’énormes gains de productivité vont être réalisés par les automates, si ces gains ne sont pas redistribués, ces automates ne produiront pour rien et donc le système ne pourra pas fonctionner, mais entre-temps ils auront créé de la misère, de la misère libérale.

Allons-nous laisser le monde s’aligner sur cette vision de Bill Gates ?

Il y a donc un monde qui est entrain de d’apparaitre et un autre qui en train de disparaitre, la 3ème révolution industrielle, la révolution numérique est en cours. Si on ne fait rien on risque de se retrouver face à un état de fait dans 2 quinquennats. Ce n’est surement pas les inflexions libérales du gouvernement actuel et du Président, de l’école à l’entreprise, qui vont préparer nos citoyens à cette révolution de l’automatisme numérique, de l’algorithmique sur les big data. Et pendant ce temps, Louis XVI aura à nouveau bricolé ses serrures à la veille d’une révolution.

Comme le dit Bernard Stiegler (dont je recommande la lecture) le numérique est un Pharmakon, c’est-à-dire au sens Grec, il est dangereux mais il est aussi bénéfique, il est prometteur. Tout dépend de ce que l’on en fait.

Il faut s’emparer du numérique de l’école jusqu’à l’entreprise d’une manière beaucoup plus profonde et systématique, qu’on ne le fait actuellement. Le but est de comprendre et de faire comprendre à nos concitoyens premièrement qu’une nouvelle organisation industrielle du travail est en cours sortant du modèle classique de Karl Marx, que l’organisation industrielle du travail amène à la prolétarisation du travailleur. Avec le logiciel libre, l’industrie du logiciel libre est basée sur la déprolétarisation du travailleur qui créé son propre savoir et son propre outil et qui le partage. N’oublions pas que l’industrie du logiciel est au sommet de la pyramide des industries, c’est elle qui pilote. Deuxièmement, que le numérique devient le bras armé du Marketing et ce nouveau Marketing a une puissance telle qu’il propose un nouveau mode de vie qui remplace la citoyenneté et menace le politique et donc la représentation du peuple dans une démocratie. Les consommateurs ont perdu leur savoir vivre et à ce titre, ils se sont prolétarisés au sens qu’ils ne sont plus capables de définir des règles de vie.

Un autre modèle est donc à trouver pour le substituer à l’individualisme libéral renforcé par la sphère du numérique qui nous écarte des valeurs humanistes et communes.

Les gens pourraient ne plus être des consommateurs ou des producteurs prolétarisés, ils pourraient devenir des contributeurs, c’est la promesse de l’économie contributive. On peut contribuer de différentes façons, la première c’est l’impôt. L’économie contributive doit créer de l’horizontalisation dans toutes les organisations humaines mais aussi des processus de verticalisation, de diagonalisation, de boucles. Rentrer dans une économie contributive, c’est définir un revenu contributif, les gens qui travaillent, développent leur savoir, et le partage de ces savoirs fait émerger de nouveaux modèles économiques. L’association Ars Industrialis travaille sur le sujet depuis 10 ans et nous devrions intégrer ce travail dans notre logiciel.

Chers camarades,

Je finirai en vous disant que nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le fait numérique tout d’abord sur le plan économique mais aussi car certains travaillent à vous imposer le virtuel comme seul réel et à soustraire la réalité du réel. Le travail de sape qui est fait de l’enseignement de l’histoire en est une illustration. Le changement du support de l’information est un outil bien utilisé pour changer la réalité. L’apparition très massive d’un nouveau Sauvageon est en cours, le sauvageon du numérique pour lequel la greffe n’aura pas prise dans le monde réel mais dont la sève coule dans le virtuel. Un virtuel sauvage, où la déréalisation est totale dans un 6ème continent où l’idée de nation n’est plus, où les valeurs républicaines sont dissoutes par une myriade de communautés. Nous devons être vigilants mais aussi progressistes, l’outil numérique est un fabuleux outil émancipateur qui révolutionne notre monde, mais il est tant dangereux que bénéfique, tout dépend de ce que l’on en fait.

Chers camarades, nous avons du travail :

  • L’école est à réinventer avec les Hussards noirs du numérique.
  • Un modèle industriel préservant le travail humain est à défendre.
  • Un nouveau modèle économique, une économie de la contribution doit émerger pour préserver la condition humaine de l’homme moderne.
  • Une écologie républicaine loin des obscurantismes est à défendre.

Alors n’attendons plus, qu’un souffle invisible vienne raviver les braises républicaines. Nous sommes dans la tradition républicaine, nous sommes à la source de la République alors que les autres ont perdu le contact avec l’authenticité républicaine. Nous devons être au-delà de la misère libérale et penser globalement dans la mondialisation. Nous devons apporter de l’exigence mais pas que, de la joie, du bonheur de vivre dans une communauté d’idées quelques soient les rives d’un fleuve que nous devons assécher.

Cédric Matthews pour la motion 2 (Claude Nicolet, Marie Francoise Bechtel)

Cette intervention avait été écrite avant d'avoir pris connaissance de la démission du MRC de Jean Pierre Chevenement. Des dysfonctionnements sont apparus dans l'organisation des débats entre les motions. La motion de synthèse écrite par Jean Yves Autexier n'a pas été transmise aux adhérents comme l'ont été les autres motions. Le débat n'a pas avoir lieu pleinement. La motion 2 était soutenue par Jean Pierre Chevènement.

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Published by cedric matthews
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