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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 19:54

 

A.                LA CRISE GRECQUE .

 

 

 

 

La Grèce, comme tous les Etats qui ont massivement renfloué les banques pour leur éviter la faillite, se retrouve avec une dette publique record. Elle était en 2007 voisine de 3% du PIB afin de satisfaire aux critères de Maastricht, elle atteint aujourd’hui 12,7 % du PIB. Les financiers sauvés de la faillite, attaquent maintenant le pays pour l’obliger à abandonner aux instances supranationales sa souveraineté. La gestion politique et économique est remise entre les mains de prédateurs internationaux rompus aux techniques opaques et sales de l’ultralibéralisme.

La Grèce constitue pour eux une expérience grandeur nature. Si le test est concluant, ils pourront piller les autres démocraties de la zone euro et d’ailleurs.

 

 

1)               La phase préparatoire- Les différents acteurs.

 

a.   Le pourquoi.

 

La Grèce comme tous les autres pays s’est lourdement endettée auprès des organismes financiers (noter là le paradoxe), pour les sauver du naufrage assuré. Lorsque le pourcentage de la dette par rapport au PIB est devenu trop important le piège s’est refermé.

La Grèce a une économie semblable à beaucoup d’autres et elle ne présente pas de_ signes extérieurs de déliquescence. Son endettement est dans la moyenne européenne et sa capacité de remboursement est bonne. Les risques liés à la crise sont même moins importants que ceux d’autres partenaires de la zone euro. En clair, la Grèce n’est pas en faillite ! Alors pourquoi est-elle choisie ? Certainement pour tester le processus de pillage mis au point. Il faut tester et  effectuer les derniers ajustements avant de s’attaquer aux grosses économies européennes

.

b.  Le comment.

 

La Grèce a emprunté sur les marchés  

 

Comme le ferait une entreprise quelconque et comme sont obligés de le faire les autres pays de la zone euro, elle a recours aux organismes financiers. Il est interdit aux Etats par différents traités de battre monnaie, de contrôler les capitaux, d’influer sur la production d’argent. Ce privilège est accordé seulement aux banques privées. La masse monétaire est donc créée et maîtrisée par les organismes financiers sur lesquels aucun pouvoir politique n’a le moindre contrôle, ni même un droit de regard. Par le simple jeu du crédit, ils arrivent à multiplier celle-ci de façon exponentielle.

 

Ce que faisaient autrefois les Etats en toute transparence,

 

Pour satisfaire l’intérêt général, ce sont les « banquiers privés » qui le font pour l’intérêt des puissants seulement, et ce dans la plus grande opacité.

 

La dette des Etats devient un produit financier ordinaire.

 

La dette débitée en titres divers, va être proposé à la spéculation. La  loi du marché, c'est-à-dire le principe de l’offre et de la demande, va donc conditionner la côte de ces titres portant sur la dette, ici en l’occurrence il s’agit de celle de  la Grèce. Le jeu usuel de la spéculation conduit à faire baisser ou grimper artificiellement ces produits.

 

Pour que certains puissent faire de bonnes affaires

 

En pariant à la hausse puis à la baisse, il faut perturber la valeur du titre de la dette grecque. Rien n’est plus simple. Il suffit d’une rumeur au bon endroit et au bon moment sous la forme de : « Une personne autorisée pense que… » Ou bien « Les investisseurs se détournent des titres grecs… ». Aussitôt la valeur de l’obligation chute et la cavalerie peut commencer sa valse macabre. Même si les propos sont totalement faux. Le mal est fait et le jeu de massacre peut commencer. 

 

Dans cette stratégie, les agences de notation sont là pour porter le coup fatal.

 

Il leur suffit d’abaisser la note de la Grèce pour qu’aussitôt les salles de marché soient prises de panique. Elles sont chargées d’évaluer la fiabilité des produits financiers. L’excellente note est AAA+ et la plus mauvaise est DDD-. Juste avant la crise des « Subprimes » les notes attribuées aux acteurs financiers étaient toutes  AAA+. Depuis certains acteurs financiers ont fait faillite, d’autres ont beaucoup perdu en découvrant les actifs toxiques. Ces prodigieuses capacités d’analyse des agences de notation s’expliquent par la consanguinité avec ceux qu’elles doivent évaluer. Elles sont payées par ceux qu’elles doivent noter. La dépendance avec les donneurs d’ordre discrédite complètement leurs contrôles.

 

Pourtant aujourd’hui tous les Etats tremblent devant de telles sentences.

 

Même si leur avis est totalement biaisé, le simple fait qu’elles attribuent, sur des critères opaques, des bonnes ou mauvaises notes, fait grimper ou chuter les titres liés à la dette.

Pour la Grèce l’agence « Flitch Rating » a donné une mauvaise note et les titres liés au déficit  se sont très vite dépréciés. Lorsque le cours est au plus bas, on observe une double peine pour les Grecs et un double pactole pour les spéculateurs. Les maîtres du jeu de massacre peuvent alors acheter à bas coût les actions ainsi dépréciées, puis revendre de la dette au même pays à un taux deux fois plus élevé  au moins.

 

Le taux pratiqué avant cette crise

 

Pour la Grèce il était de 3.1%, il est aujourd’hui aux alentours de 7%. Force est de constater que l’adage populaire « s’enrichir en dormant » est réel pour les super riches.

 

 

Mais ce n’est pas tout.

 

La plus grande banque américaine, Golman Sachs,  la Deutsche Bank et deux Hedges Funds, ont décidé de jouer la mise à mort de la Grèce. Ils ont décidé de faire courir la panique sur le marché des CDS (Crédit Défault Swap). Ce sont des titres d’assurance que l’on contracte pour se prémunir contre un éventuel défaut de paiement d’un E

tat à qui on a prêté de l’argent. Le CDS est un produit financier titrisé. Il a un prix et s’échange sur un marché non régulé et totalement opaque. Jouer sur la non solvabilité de la Grèce et le défaut de ses remboursements permet de faire grimper la valeur des titres d’assurance. La spéculation lancée présente donc une troisième source de profits.

 

 

 Revenons aux faits  

 

Le vendredi 5 février 2010, le CDS lié à la dette grecque valait 428 points de base, celui du Liban 255, celui du Maroc 113. En clair, le risque de faillite de la Grèce serait quatre fois supérieur à celui du Maroc. C’est tout simplement stupide.

 

Les agences de notation

 

Elles distribuent des notes à la terre entière. Ce sont : « Flitch Rating », « Moody’s et Fitch » et « Standard & Poor’s ». Leur rôle est d’évaluer la capacité des emprunteurs à rembourser leurs dettes. Les alertes sur les dettes publiques sont en train de faire couler la Grèce et vaciller le Portugal et l’Espagne.

Le défaut originel de ces agences laisse penser qu’elles sont le bras armé des grandes institutions financières afin de soumettre l’activité économique mondiale.

Et si en plus des juteux bénéfices engrangés, il y avait la volonté d’imposer un nouvel ordre économique mondial au service exclusif des magnats de la finance ?

 

La crise financière a été très profitable à la plus grande banque d’investissement au monde

 

Golman Sachs a pu éliminer son concurrent direct Lehmann Brother’s, avec l’aide objective du secrétaire d’Etat au Trésor des USA, Henri Paulson. Qui à l’instar d’autres responsables politiques américains dans le domaine de la haute finance, comme Ben Bernanke, Larry Summers, Tim Geithner et autres Alan Greespan, sont tous issus de cette banque prestigieuse après y avoir occupé de très hautes fonctions, parfois celles de directeur général.

En clair, la crise a été l’occasion pour elle de se renforcer et de démultiplier ses capacités à dominer le monde.

 

 

La réaction prévisible des Etats pour éviter l’effondrement total de l’économie mondiale

 

Elle a été effective, il faut dire que le racket était monté de mains de maître. Semblable en cela au racket organisé aux USA après la privatisation de l’électricité qui a permis d’augmenter les tarifs de plus de 200%.

Donc les emprunts faramineux contractés pour garantir la survie du système capitaliste ultralibéral constituent un élément essentiel du puzzle. Il est curieux d’observer que l’argent prêté aux banques a permis en retour de financer les  Etats afin de sauver le système. L’injection massive de liquidités a seulement alimenté les bulles spéculatives. Elles prennent vie  dans les zones de non droit que sont les paradis fiscaux et se  lancent à l’assaut du monde pour l’asservir. Les Etats après avoir gonflé dangereusement les dettes publiques sont à la merci des banques.

 

En France le déficit public a été multiplié par cinq depuis 2007. La dette publique a augmenté d’un quart environ, elle est passée de 1200 milliards d’euros à 1700 milliards d’euros.

 

Il est aisé maintenant à ces flibustiers de la finance de jouer sur la dette

 

Ils obligent les Etats à sacrifier toutes les richesses du pays, convoitées depuis longtemps par ces pirates des temps modernes. Tout semble avoir été prévu pour organiser la vassalisation des peuples à ce nouvel ordre mondial.

Nous vivons en direct  l’accomplissement de ce projet avec le coup d’essai que constitue le cas grec.

 

L’Union Européenne, avec son cortège de contraintes peu à peu mises en place

 

L’Acte Unique, le traité de Maastricht, le traité simplifié de Lisbonne en tous points identique au traité constitutionnel rejeté par les peuples français, néerlandais et irlandais, ont bâti le cadre institutionnel et juridique nécessaire. Tout est prêt pour offrir aux spéculateurs le pillage des économies nationales.

Les petits pas de monsieur Monnet ont donc permis d’installer peu à peu cette architecture totalitaire. Cette stratégie est très bien décrite dans le livre de Jean-Pierre Chevènement, « La faute de monsieur Monnet ».

Cette crise installée volontairement a pour but de créer un gouvernement économique de la zone euro échappant à tout contrôle démocratique. Des technocrates prendront toutes les décisions et permettront la prédation absolue de tous les biens communs au seul profit des hyper riches. L’eau, l’école, la santé, l’hôpital, les retraites, etc…, seront autant de sources de profits pour ces délinquants en col blanc.

 

 

2.)             La prétendue aide européenne à la Grèce.

 

L’attention ne doit pas se porter  sur les déclarations de bonnes intentions

 

Celles de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel sont sans effet. Mais le plan proposé par le président du conseil de l’Europe Hermann Von Rompuy est très contraignant. Ce dernier a fait valider ce plan le mardi  16 février par les ministres des finances de la zone euro en présence de Jean-Claude Junkers président de l’euro groupe, et de Jean-Claude Trichet président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

 

Les élucubrations hystériques de Nicolas Sarkozy à ce propos.

 

Elles ont pour but de nous écarter de la logique implacable de la mise en place d’une dictature européenne. Le chef de l’Etat n’est que l’idiot utile d’une politique élaborée minutieusement depuis longtemps. Il faut quand même lui reconnaître qu’il applique en France cette logique barbare avec beaucoup de zèle depuis qu’il est à la tête du pays. Pour lui, être Président de la République ne signifie pas qu’il est le représentant de tous les français. Ce poste prestigieux lui permet seulement de satisfaire les appétits de ses amis du « Fouquet’s » ou de ses amis du Cac 40.

 

          3.)  Aucune aide particulière de la part des Européens n’a été   apportée à la Grèce.

 

 Des injonctions sont données  pour satisfaire aux critères de Maastricht au plus tôt. Ce pays doit appliquer des « réformes structurelles » de grande_  ampleur : baisse des salaires, réduction des effectifs de la fonction publique, réforme des retraites, destruction des services publics, augmentation de la TVA et des carburants, baisse des impôts sur les sociétés et autres réformes usuelles dans pareil cas. Ce qui est nouveau c’est que tous les mois, la Grèce sera convoquée devant le tribunal d’inquisition présidé par Von Rompuy,  afin d’examiner la bonne application de ces ordres. La Grèce doit passer d’un endettement de 13% aujourd’hui à un endettement de 2% en 2013.

 

 

Voici une déclaration de monsieur Von Rompuy :

 

« La commission surveillera étroitement la mise en œuvre de ces recommandations en liaison avec la BCE et proposera les mesures additionnelles nécessaires en s’appuyant sur l’expertise technique du FMI. Une première évaluation sera faite en mars… »

 

 

Les partenaires de Van Rompuy

 

Ils sont tous des faucons de l’orthodoxie ultralibérale. Cela ressemble fort à la prise de contrôle d’un Etat souverain par les instances anti-démocratiques de l’Union Européenne. Le but est de livrer les richesses de ce pays aux spéculateurs voyous. Si ce n’est pas la mise sous tutelle d’un pays souverain, cela lui ressemble. La misère, la pauvreté, la précarité, le désespoir, la délinquance, la haine sont donc en train de s’installer en Europe comme c’est déjà le cas hélas dans beaucoup trop de pays où cette thérapie de choc a été mise en place.

 

 

Le pouvoir des démocraties est ainsi réduit à une illusion décorative,

 

C’est un filet de camouflage pour une minorité de super riches qui dominent la haute finance mondiale. Les gouvernements nationaux doivent donc se soumettre à la volonté de ce groupe très puissant.

 

 

4.) La prétendue faillite de la Grèce.

 

En réalité la faillite de la Grèce est impossible.

 

La plupart des analystes admettent qu’il s’agit d’une action planifiée. Dans l’immédiat, pour couvrir la Grèce, il va falloir créer un nouvel organe afin de mettre en commun une grande partie de la politique budgétaire européenne. La Grèce sera contrainte petit à petit de faire des concessions nouvelles en plus de celles faites  ces derniers jours.

 

La Banque Centrale Européenne aurait pu très facilement stopper la mise à mort de cet Etat.

 

 Il suffisait qu’elle garantisse la dette grecque pour que cette folie spéculative prenne fin. Mieux, la BCE, à l’identique de l’aide exceptionnelle apportée aux banques, aurait pu ouvrir une ligne de crédit à ce pays pour éteindre le feu. Les sommes nécessaires pour les pays en difficultés de la zone euro, représentent une très petite partie des sommes versées aux organismes financiers pendant la crise. D’aucuns diront que les statuts de la banque centrale le lui interdisent. Mais ils interdisaient tout autant le sauvetage des établissements de crédit. La clause exceptionnelle qui a permis cette opération est tout aussi opérationnelle pour les Etats.

 

 Il s’agit bien d’une volonté politique que personne ne veut assumer officiellement.

 

Il faut donc comprendre que la BCE semblable en cela à la ligne dure de la Bundesbank, n’avait pas du tout envie de sauver la Grèce.

 

Peut-être un objectif plus pernicieux est-il visé ?

 

L’avenir le dira, mais tout laisse à penser que la confiscation des démocraties est en route. La volonté d’installer un gouvernement économique de l’Union Européenne, coupé de toute légitimité démocratique se manifeste. Un élément nouveau vient corroborer cette analyse. Il s’agit de la succession de monsieur Trichet à la tête de la BCE. Son départ en retraite est annoncé pour la fin 2011, mais on connaît déjà son successeur. C’est un Allemand et il fait partie de la ligne dure de l’orthodoxie budgétaire. Il est un pur produit du courant de pensée ultralibéral, c’est même un « faucon » chez les néo-conservateurs.

Tout semble indiquer que le piège se referme sur la démocratie en Europe, conformément aux vœux des puissants qui pourront ainsi s’enrichir sans entrave.

C’est donc bien un test à l’échelle européenne.

Il faut ouvrir la voie « des réformes sociales » qui seront promulguées partout. L’idée centrale est d’utiliser la crise budgétaire des états afin de les contraindre au fédéralisme économique.

 

5.)        Conclusion

 

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, membre italien du parlement européen, avait évoqué la possibilité que les candidats aux postes de président et ministre des affaires étrangères de l’Union Européenne pourraient être ceux des « groupes occultes  Bilderberg et Trilatérale » et non ceux des forces politiques des pays. Le lendemain Hermann Von Rompuy se rendait au château de Val Duchesse pour une réunion du groupe Bilderberg afin d’y proposer un plan de gouvernance de l’Europe. C’est donc la fin de la souveraineté des différents Etats. Le traité de Lisbonne va permettre d’installer cet Ordre Nouveau.

 

La démocratie européenne, qui était née en Grèce en 507 avant Jésus-Christ sera morte, en Grèce également, dans les premiers mois de l’année 2010.

 

Lucien Pons MRC 06 , pour le MRC comite de Marseille, le 20/02/2010

 

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commentaires

Emmanuel palesi 12/05/2010 16:25


Contrairement à ce qui est écrit, le risque de bailout grec était réel et la dette de la Grèce (voir mon commentaire précédent sur la structure de la dette) est vraiment pas rassurante.

sinon le complot Bilderberg, comment dire.... ça vaut pas mieux que le complot judéo maçonnique mondialisé.


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