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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 19:29

 

Je vous invite à lire ce dernier article du MRC Marseille paru dans Marianne 2, suite au  nouvel assassinat qui s'est déroulé à Marseille ce Jeudi 21 février.

 

http://www.marianne2.fr/Marseille-100-000-euros-par-mois-pour-dealer-c-est-un-bon-job-non_a215872.html?com#comments

 

Les homicides ont toujours la part belle dans la criminalité à Marseille. Trafic de stupéfiants, règlements de comptes, les voyants de l'insécurité sont plus que jamais dans le rouge. Pour Cédric Matthews, chevènementiste, un tel phénomène tient pour beaucoup à la mauvaise influence des jeux vidéos sur la jeune génération, conjuguée à l'ouverture du marchés des armes.

(Counter Strike - Flickr - Crypticommonicon - cc)
(Counter Strike - Flickr - Crypticommonicon - cc)
Pourrait-on contenir nos commentaires sur les évènements qui ont touché Marseille durant l’année 2011 en disant que les enjeux économiques du trafic de stupéfiants sont la seule source de ce renouveau criminel ?
On cite le montant de 100 000 euros par mois de bénéfice pour les revendeurs. Quel autre emploi pourrait générer ce revenu ? Les protagonistes s’entretueraient donc pour cette manne, sans y avoir été préparé physiologiquement et psychologiquement ? On apprend avec consternation, en cette fin du mois de Février la reprise du bal des assassinats pour l’année 2012.

Il est probable que des éléments techniques et sociétaux aient favorisé, préparé la naissance de cette insécurité. Le but de cet article est de proposer une approche, une explication peut être parcellaire de ce pourquoi Marseille renoue avec une insécurité quotidienne.

Une jeunesse détachée du réel

Il fût un temps où le banditisme avait fait son apprentissage des armes sur le théâtre de guerre. Ce banditisme avait aussi le vocabulaire, la connaissance et l’expérience de l’horreur des scènes de guerre. Aujourd’hui, il s'agit plutôt d'une jeune criminalité, comme le dévoilent les nombreux assassinats perpétrés à Marseille.

L’apparition de cette « génération spontanée » pourrait avoir son explication dans la possibilité de nouvelles modalités d’apprentissage, de terrains d’entraînement physiques et mentaux où la virtualisation insulte de plus en plus le réel. Les jeux virtuels de guerre, de destructions où l’enfant et l’adulte découvrent un monde où la destruction et l’anéantissement n’ont plus de limite grâce à la répétition ad libitum du cycle de vie et de mort de leur personnage, de leur avatar. On pourrait se demander si l’effet de la virtualisation d’un monde ne supprime pas de l’inconscient, les liens sociaux et les freins moraux et juridiques.

La subjectivité est modifiée au profit du monde informationnel, par la perte ou par l’inexistence du récit de la guerre que détenaient nos anciens ou les professionnels de la guerre. On tue dans la rue, l’acte se réalise avec une durée de vie courte dans l’inconscient, tout comme l’est le passage éclair d’une information dans un média. L’arme de guerre qui tire en rafale prend le rythme d’un flash info survenant en répétition jusqu’à épuisement du chargeur.

L’échelle temporelle de l’acte criminel a rejoint celui du flash info, détaché de l’histoire de l’homme et de ses régulations comportementales. Il arrive donc que les jeunes guerriers numériques n’aient plus aucun frein moral dans le monde réel. Tous les récits, toutes les narrations historiques, toutes les dimensions de temps et d’espaces sont confuses, le non-sens règne, et le doigt léger appuie sur la gâchette.

Des armes à portée de main

Ce phénomène isolé ne connaitrait pas la gravité actuelle à Marseille, s’il n’avait pas rencontré un autre évènement : la facilité de la circulation d’armes de guerre venant des pays de l’ex-Union Soviétique, ou probablement et prochainement des pays ayant traversé le printemps arabe.
Nous sommes donc à la croisée des chemins où la barbarie numérique peut s’amplifier dans le monde réel car elle aura de plus en plus d’armes pour se faire entendre. Nous pouvons aussi redouter que la gravité des tueries puisse être amortie par l’effet de leur répétition et de la démocratisation de la pratique régulière des jeux virtuels de guerre.

Alors que faire ?
Il est effectivement nécessaire de lutter contre la circulation de ces armes, mais il apparaît difficile de le réaliser dans une Europe sans frontières ni douane fixe. Ne sommes-nous pas dans le royaume de la circulation libre des hommes et des marchandises ?

Concernant les jeux virtuels, il devient urgent que le débat public s’ouvre car ils pourraient participer, sous de nouvelles modalités, au développement de l’insécurité. Devons-nous légiférer pour protéger le monde réel de l’invasion par le monde virtuel ? Des frontières entre ces deux mondes ne devraient-elles pas être érigées ?
Une première idée serait de limiter l’anthropomorphisme des personnages virtuels, les deux mondes auraient alors amorcé la construction de frontières. L’industrie du jeu numérique n’en serait pas réellement fragilisée.

Une nouvelle nation numérique est en train d’émerger où une part temporelle de chacun d’entre nous prend vie dans un monde infini et donc sans dimension réelle. C’est un nouvel espace public où le bien commun doit être défini pour que la barbarie à visage humain en soit chassée.

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commentaires

Mangatore 29/02/2012 17:34

Si je suis laid je fracasse le miroir et ça devrait pouvoir arranger les choses, c'est ça ? Les jeux vidéos de guerre existent parce qu'il existe des guerres, renverser cette logique c'est du
sophisme. En Libye on a bombardé le pays parce que les jeunes jouent trop aux jeux vidéos vous croyez ? Et les conflits de l'Antiquité, les jeunes grecs, les jeunes romains, c'est bien connu
passaient un temps fou devant la Nintendo ! Encore une fois l'idiot regarde le doigt qui pointe vers la lune et se fait son petit avis sur des sujets qu'il ne maitrise pas. Je ne connais pas de
guerre qui se soit faite au nom du jeu vidéo, au nom de l'argent oui avec toujours un joli vernis idéologique : on tue au nom des droits de l'homme, on tue au nom de la sécurité, on tue au nom de
lendemains radieux, on tue au nom du progrès, etc on tue surtout pour le confort morale de la majorité et les privilège de la minorité qui tient la laisse, avec ou sans jeu vidéo on tue... Bon
c'est vrai que pendant qu'ils jouent là tout ces jeunes ils ne lisent pas, hein, je sais pas mois Camus par exemple...
"le Dormeur doit se réveiller"... ou pas !

Emmanuel PALESI 28/02/2012 19:15

http://experice.academia.edu/VincentBerry/Papers/1186999/Sociologies_des_MMORPG_et_profils_de_joueurs_pour_une_theorie_sociale_de_lactivite_video_ludique

voila à quoi ressemble la communauté ludique dans sa grande majorité, bien sur il doit bien y avoir un ou deux psychopathes ou sociopathes mais afin de respecter le quotat statistique de la
population générale.

07/03/2012 23:08



à lire aussi :


http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/024000584/index.shtml


http://www.omnsh.org/spip.php?article54


http://compas.risc.cnrs.fr/?tag=jeux-video&paged=9


 


 


 



 



Emmanuel PALESI 28/02/2012 18:14

La violence est dans l'Homme, ce n'est pas le jeu vidéo qui est en cause, on oublierait presque que Marseille a été le siège de certaines des tueries les plus importantes du territoire français
avant les jeux vidéos : Bar du Telephone, Auriol, le Tanagra, etc....
En tant que port la ville est le siège d'important trafic, en plus s'ajoute une situation sociale alarmante, cela explique à mon avis bien plus la violence actuelle.

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