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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 23:05

petrole

 

                                   Parc national des calanques, un projet Offshore ?

 

 A quelques jours de la date butoir, le 11 avril, pour la signature du permis Rhône-maritime  d’exploration pétrolière au large de Marseille et suite à l’accident récent de la plateforme pétrolière Total en mer du nord, il devient nécessaire de s’interroger sur le devenir du naissant Parc National des Calanques.

C’est en 1992 que le projet de création du parc national des Calanques fit son apparition.  C’est  20 ans après en 2012, que ce projet va aboutir, mais il apparaitra dans un contexte économique local et mondial  complètement différent qu’en 1992. Le 20 Juin 2010, la présentation de la première version du dossier de classement en Parc National  est présentée  par M. le Député UMP Guy Tessier porteur du projet au ministre de l’écologie du moment, M. Jean Louis Borloo. Quelques mois après, en novembre 2010,  le permis exclusif de recherche offshore d’hydrocarbures accordé  à la société anglaise Melrose Mediterranean  au large de Marseille sur une zone de 12500 km² doit prendre  fin. L’exploration continuera jusqu’en Février 2011 avec à la clef la mutation partielle du futur permis au bénéfice de la société texane Noble Energy France.  Il est étonnant que ces deux dossiers qui se sont succédés dans les services du ministère de l’écologie n’aient pas éveillé une contradiction de finalité en raison de leur proximité. Au printemps de l’année 2010, des permis d’exploration de gaz de schistes ont été concédés par ce même ministère à la société Total et à la société  texane Schuepbach  maîtrisant le procédé d’extraction par hydro-fracturation,  sur une superficie de 9672 Km² dans le sud de la France (Ardèche, Gard, Larzac….). 

A l’automne 2011, la société Lyondellbassel  (de droit néerlandais, dont les locaux administratifs sont au Texas)   annonce la volonté de se séparer de sa raffinerie de Berre se trouvant à quelques kilomètres de Marseille. Durant la même période, le groupe chimiste français Arkema situé aussi à Berre, annonce la cession des activités vinyliques au groupe américain Klesh pour un euro symbolique. L’activité pétrochimique connait une crise en France durant  2011 et en ce début d’année 2012. La raison pourrait venir d’un pétrole et d’un gaz importés trop chers mais aussi par une concurrence américaine qui exploite intensément depuis 2007 sur son territoire du gaz de schiste, une nouvelle source carbonée  4 à 5 fois moins chère  comme matière première pour la pétrochimie, mais excessivement couteuse pour l’environnement.  

Quelles stratégies économiques et industrielles sont-elles en cours de constitution ? Le site pétrochimique de Berre ne serait- il pas idéalement placé pour recevoir le gaz de schiste produit dans la zone  sud de la France ?  N’a-t-il pas été pensé que des plateformes de forage offshore au large de Marseille permettraient d’avoir un circuit court entre l’extraction de pétrole brute et la production  de produits dérivés.  Quel homme politique national ou local pourrait s’opposer à la préservation et à la création de millier d’emplois dans le bassin de Berre si on lui disait qu’il n’y a pas d’autres alternatives que « d’extraire local » pour être compétitif ?   Si on fait un tour d’horizon de l’origine des investisseurs, on se rend vite compte que ceux sont des investisseurs américains qui sont en train de construire des filières entières sur notre territoire en achetant à très bas coût des industries qui ont périclité car leur modèle économique était basé sur l’importation du pétrole et du gaz. Mais si la production d’hydrocarbures se faisait à quelques kilomètres, la constitution de ces filières industrielles pourraient se révéler être de véritables poules aux œufs d’or.  Il est étonnant que personne, même si cette réflexion revêt pour l’instant  une part de fiction, ne mentionne cette stratégie  conquérante de sociétés outre-Atlantique.  Non, ils sont pour l’instant les repreneurs, les sauveurs !

A tout développement industriel son développement écologique, voici la modernité économique néolibérale du XXIe siècle !  Comment peut- on nous faire croire qu’il est possible de concilier la présence de plateforme d’exploitation offshore avec le parc national des Calanques qui se trouverait à quelques minutes  de vol de gabian l’un de l’autre ? Il apparait une incohérence de projet piloté au même moment et  en partie par le même ministère, celui de l’écologie.  Pourquoi ce sujet n’a-t-il pas été abordé lors de  la présentation de la première version du dossier de classement des Calanques en Parc National  en Juin 2010. Les ministères UMP et La majorité UMP marseillaise devaient bien être au courant de ce conflit de sens ? Si les deux projets devaient aboutir, le paradoxe le plus criant serait que la côte Est de Marseille subirait des règles strictes nationales pour préserver l’environnement alors que la côte Ouest  tomberait à la merci d’une potentielle bombe à retardement écologique contrôlée par des investisseurs étrangers.

Si la fiction devenait réalité, La création du Parc national des Calanques n’aurait-elle pas été utilisée  comme un arbre pour cacher la forêt. La compensation visible  donnée aux marseillais qui pourront s’enorgueillir d’avoir la plus belle ville du monde avec son Parc national, aurait été mise en balance avec l’exploitation offshore,  non visible des côtes grâce à la courbure  de notre terre, et donc oubliée de tous. Mais un jour, peut-être, après avoir vanté les louanges de concilier l’inconciliable, certains  verront cette courbure s’ériger  en une ligne tirée au noir d’une marée incontrôlable portée par le vent des fous , le Mistral .        

    Cédric Matthews

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