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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 09:34

                                      photonum

 

 

 Le grand débat des rythmes scolaires à l’école primaire a animé l’année 2013, les chrono-biologistes ont été écoutés plus que les enseignants de l’exigence1, dans leur défense d’aménagement et de répartition des heures d’enseignements et de la mise en place d’activités périscolaires. L’extrême concentration jusqu’alors du temps d’enseignement était considérée d’inadaptée et de préjudiciable aux apprentissages. Elle serait donc la source de fatigues et de difficultés scolaires et d’apprentissage.                                                                      

 

Je voudrais soulever la question suivante, à savoir si l’échelle temporelle du rythme troublant les enfants  n’a pas été mal dimensionnée ?                                                                                      

 

Les élèves ne seraient-ils pas plutôt soumis, comme les adultes  à une multitude de micro-rythmes imposés par la technologie qui dispersent l’attention et accélèrent la fatigue ?  

Le numérique dans toutes ses déclinaisons et la télévision réalité, qui sont des instruments du capitalisme financier, captent l’attention des jeunes pour la détruire2.

Dans ce contexte, le rôle des ESPE qui remplacent les IUFM, ne serait-il pas aussi de former une génération d’instructeur, d’enseignants, au numérique et non par le numérique. Que signifie enseigner au numérique ? Il ne s’agit pas de former à l’enseignement de la mise en forme des savoirs sous power point, tableaux numériques interactifs, de droits à l’image, de l’utilisation de réseaux sociaux ou de réalisation de cours en ligne.  Il s’agit de faire émerger une nouvelle génération de hussards noirs de la république et du numérique qui auraient pour mission d’inverser l’effet délétère sur les jeunes générations, du multimédia et de la perception immédiate d’un monde. L’immédiateté n’est pas compatible avec l’apprentissage, le zapping ne rend pas possible la mémorisation ordonnée, structurée des savoirs. La pédagogie, l’apprentissage ne nécessitent elles pas de la reformulation et de la répétition ?    

 

Les difficultés de l’apprentissage pourraient être surmontées en apprenant aux élèves, l’attention, la concentration, la notion du temps long, tout en considérant que le numérique est un nouveau savoir et non un outil.

 Qu’est-ce donc que le numérique porteur d’un savoir ? Ce n’est pas seulement l’informatique, c’est basé sur l’informatique, c’est la réticulation de toutes sortes d’appareils d’individus, d’organisation via le World Wide Web.  Le numérique permet d’unifier tous les processus d’automatisation ce qui aura pour effet à terme de faire disparaitre le travail manuel et le modèle économique que nous avons connu au XXe. C’est pour cela que l’école du XXIe doit s’en saisir de la bonne manière, quelques pistes sont proposées ci-dessous pour continuer une réflexion sur cet enjeu central pour le devenir de notre société :


1) Actuellement le numérique sous  toutes ses formes est piloté par les marchés financiers. Il est donc le cheval de Troie de l’entrée du monde des marchés dans l’école. Il faut donc le sortir des critères qui font qu’il est rentable pour les marchés, le numérique pédagogique doit être mis hors critère de l’obsolescence programmée. Il faudrait donc inventer l’ordinateur pédagogique, piloté par un OS libre de droit. Une réflexion doit être menée et la France pourrait inventer et fabriquer sur son territoire cet exemple d’universalisme pédagogique.


2) Plus que jamais, l’école doit former le libre arbitre des jeunes qui auront à faire face à un monde où le support dématérialisé de la connaissance pourrait manquer de références antérieures, de controverses. Car le numérique, les réseaux sociaux,  actuels ne sont pas construits pour consolider des arguments contradictoires mais plutôt utilisés à démultiplier les clones et à niveler tout. 


3) Le numérique et l’informatique sont aussi un langage, la grammaire de ces langages est stabilisée, par exemple la culture de la programmation  type objet est ancrée dans ceux qui la pratiquent comme peut l’être l’histoire, le français,  la physique….  Proposons dès l’entrée en 6ème  la création de l’enseignement  d’une première langue numérique obligatoire qui aura pour but l’enseignement d’un langage de programmation interprétée ou objet3


4) Etudions l’impact du numérique sur l’enseignement de l’ensemble des disciplines fondamentales. Il faut penser ce que le numérique fait aux mathématiques, à la grammaire, à la philosophie… Comme le propose Bernard Stiegler4, proposons un programme de thèses, pour que dans toutes les disciplines pour toutes les classes d’âge, on demande de travailler dans les établissements scolaires de l’impact du numérique sur la matière.

 


Ne faudrait-il pas réaffirmer qu’il faut une politique forte du numérique. Cette affirmation pourrait éclore au sein de ESPE par l’introduction d’une réelle formation au numérique (sur la base des critères énoncés ci-dessus)  de l’instructeur à l’élève. Cette approche pourrait être annoncée  de la sorte «  Ne mettons pas le multimédia avant le silicium ».                                     Il en va de la maitrise citoyenne de la vitesse de transformation du numérique et de ses supports qui conditionnent à présent le rythme de transformation de notre société.


       

1 Jean Paul Brighelli et la fabrique du crétin. 

2 « N’est-ce pas alors le règne du marketing ? »  Bernard Stiegler fondation Ars Industrialis.

3 N’ayons pas peur de penser que le codage  sera le travail des cols bleu du XXIe. 

4 Prendre soin de la jeunesse et des générations, Bernard Stiegler, ed Flammarion, émission de France Culture http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-2eme-partie-bernard-stiegler-2013-07-16 

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